Conditions et plafonds du prêt à taux zéro (PTZ) : le guide complet

Le prêt à taux zéro reste l’un des coups de pouce les plus efficaces pour devenir propriétaire de sa résidence principale. Sans intérêts, sans frais de dossier, il réduit le montant à emprunter auprès de la banque et donc la mensualité. Depuis la réforme du 1er avril 2025, il s’adresse à nouveau à tous les acheteurs d’un logement neuf, appartement ou maison, partout en France.

Ce guide reprend les règles en vigueur en 2026 : qui peut en bénéficier, pour quels logements, avec quels plafonds de revenus, et comment se calcule le montant. Les barèmes cités sont ceux du Code de la construction et de l’habitation, tels que les présente le site officiel Service-Public.

Ce qu’il faut retenir
Le PTZ est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027. Il finance le neuf dans toutes les zones, et l’ancien avec au moins 25 % de travaux en zones B2 et C. Il faut être primo-accédant, respecter un plafond de revenus et compléter le PTZ par un autre prêt. Il peut couvrir jusqu’à 50 % du coût retenu pour un appartement neuf et 30 % pour une maison neuve.

Ce qui a changé depuis 2025 #

La réforme d’avril 2025 a levé la condition de zone pour le neuf : un appartement en immeuble collectif est finançable partout, y compris dans les zones B2 et C qui en étaient exclues. Les maisons individuelles neuves, sorties du dispositif en 2024, y sont revenues, avec une quotité plus faible que les appartements.

À lire PTZ : 7 erreurs qui font perdre le prêt à taux zéro (ou une partie de son montant)

La loi de finances pour 2026 n’a pas touché aux plafonds de revenus ni aux plafonds de coût d’opération, malgré des amendements qui proposaient de les relever. Sa principale nouveauté concerne le bail réel solidaire (BRS) : les acheteurs successifs d’un logement en BRS peuvent désormais bénéficier du PTZ, et plus seulement le premier acquéreur. Enfin, le dispositif est prorogé jusqu’à fin 2027, ce qui donne de la visibilité aux projets en cours de montage.

Qui peut bénéficier du PTZ ? #

Être primo-accédant

Il ne faut pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années qui précèdent l’offre de prêt. Posséder un studio en location ou une maison de vacances n’empêche donc pas d’y prétendre, à condition de ne pas avoir habité l’un de ses biens à titre principal pendant cette période.

Des exceptions existent : titulaires de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité », d’une pension d’invalidité de deuxième ou troisième catégorie, de l’AAH ou de l’AEEH, et ménages dont la résidence principale a été rendue définitivement inhabitable par une catastrophe naturelle ou technologique.

Respecter les plafonds de revenus

Le revenu pris en compte est le plus élevé de ces deux montants : le revenu fiscal de référence de l’année N-2, ou le coût total de l’opération divisé par 9. Pour une offre de prêt émise en 2026, c’est donc l’avis d’imposition reçu en 2025, portant sur les revenus 2024, qui fait foi. Le plafond dépend de la zone et du nombre de personnes qui occuperont le logement.

À lire Carte T, carte G : ce que chaque carte professionnelle autorise vraiment en immobilier

Plafonds de ressources du PTZ applicables en 2026 (inchangés depuis 2025).
Personnes Zone A et Abis Zone B1 Zone B2 Zone C
1 49 000 € 34 500 € 31 500 € 28 500 €
2 73 500 € 51 750 € 47 250 € 42 750 €
3 88 200 € 62 100 € 56 700 € 51 300 €
4 102 900 € 72 450 € 66 150 € 59 850 €
5 117 600 € 82 800 € 75 600 € 68 400 €
6 132 300 € 93 150 € 85 050 € 76 950 €
7 147 000 € 103 500 € 94 500 € 85 500 €
8 et plus 161 700 € 113 850 € 103 950 € 94 050 €

Occuper le logement à titre de résidence principale

Le logement doit devenir la résidence principale de l’emprunteur au plus tard un an après l’achat ou la fin des travaux, et être occupé au moins huit mois par an. Un acheteur proche de la retraite peut s’installer jusqu’à six ans plus tard, à son départ en retraite, en louant le bien entre-temps.

Quels logements sont éligibles ? #

Le neuf, partout en France

Sont concernés les logements neufs achetés sur plan ou achevés depuis moins de cinq ans et jamais occupés, ainsi que les constructions de maison avec ou sans achat du terrain. Un garage ou une place de parking vendus avec le logement entrent dans le coût de l’opération.

L’ancien avec travaux, en zones B2 et C

Dans l’ancien, le PTZ ne finance que les communes classées en zone B2 ou C, et seulement si les travaux d’amélioration représentent au moins 25 % du coût total de l’opération. Ils doivent commencer après l’obtention du prêt et être achevés dans les trois ans. L’achat d’un logement HLM par son occupant reste également éligible, quelle que soit la zone.

Le piège de l’ancien
Les 25 % de travaux se calculent sur le coût total, travaux compris. Pour un bien acheté 150 000 €, il faut donc au moins 50 000 € de travaux. Et un appartement ancien à Lyon, Bordeaux ou Nantes, en zone A ou B1, n’ouvre droit à aucun PTZ, même avec un gros chantier.

Comment se calcule le montant du PTZ ? #

Le calcul se fait en trois étapes : on plafonne le coût de l’opération, on détermine la tranche de revenus, puis on applique la quotité correspondant à cette tranche et au type de logement.

À lire Agence immobilière : 5 leviers pour optimiser son activité sans exploser ses charges

Étape 1 : le coût de l’opération retenu

Le coût total du projet (prix, frais de notaire, travaux) est retenu dans la limite d’un plafond qui dépend de la zone et de la taille du foyer. Au-delà, rien ne compte pour le calcul du PTZ.

Plafonds du coût de l’opération retenu pour le calcul du PTZ.
Personnes Zone A et Abis Zone B1 Zone B2 Zone C
1 150 000 € 135 000 € 110 000 € 100 000 €
2 225 000 € 202 500 € 165 000 € 150 000 €
3 270 000 € 243 000 € 198 000 € 180 000 €
4 315 000 € 283 500 € 231 000 € 210 000 €
5 et plus 360 000 € 324 000 € 264 000 € 240 000 €

Étape 2 : la tranche de revenus

On divise le revenu retenu par un coefficient familial : 1 pour une personne, 1,5 pour deux, 1,8 pour trois, 2,1 pour quatre et 2,4 à partir de cinq. Le résultat situe le ménage dans l’une des quatre tranches.

Tranches de revenus du PTZ, après division par le coefficient familial.
Tranche Zone A et Abis Zone B1 Zone B2 Zone C
1 jusqu’à 25 000 € jusqu’à 21 500 € jusqu’à 18 000 € jusqu’à 15 000 €
2 25 001 à 31 000 € 21 501 à 26 000 € 18 001 à 22 500 € 15 001 à 19 500 €
3 31 001 à 37 000 € 26 001 à 30 000 € 22 501 à 27 000 € 19 501 à 24 000 €
4 37 001 à 49 000 € 30 001 à 34 500 € 27 001 à 31 500 € 24 001 à 28 500 €

Étape 3 : la quotité

Part maximale du coût retenu que peut financer le PTZ.
Tranche Neuf collectif, BRS, PSLA Maison individuelle neuve Ancien avec travaux (B2, C)
1 50 % 30 % 50 %
2 40 % 20 % 40 %
3 40 % 20 % 40 %
4 20 % 10 % 20 %

Dernier garde-fou : le PTZ ne peut pas dépasser le montant des autres prêts de plus de deux ans qui financent l’opération. Pour les ménages de la tranche 1, il peut le dépasser de 25 % au maximum.

Exemple 1 : un couple en zone C, appartement neuf
Coût de l’opération : 163 000 €, plafonné à 150 000 € pour deux personnes. Revenu fiscal de référence : 26 000 €, supérieur à 163 000 € divisé par 9 (18 111 €). Divisé par 1,5, il donne 17 333 €, soit la tranche 2 en zone C. PTZ : 40 % de 150 000 €, soit 60 000 €.
Exemple 2 : une famille de quatre en zone B2, maison neuve
Coût de l’opération : 250 000 €, plafonné à 231 000 €. Revenu fiscal de référence : 40 000 €, divisé par 2,1, soit 19 048 € : tranche 2 en zone B2. PTZ pour une maison individuelle : 20 % de 231 000 €, soit 46 200 €. Le même projet en appartement neuf ouvrirait droit à 92 400 €.

Comment se rembourse le PTZ ? #

La durée totale peut atteindre 25 ans. Elle dépend de la tranche de revenus : plus les revenus sont modestes, plus elle est longue. Les ménages des premières tranches bénéficient aussi d’un différé, une période pendant laquelle ils ne remboursent rien sur le PTZ et se consacrent au prêt principal. Les ménages de la dernière tranche remboursent dès le départ, sur une durée plus courte.

À lire Toit plat : bitume, EPDM ou membrane synthétique, quelle étanchéité choisir ?

La banque monte un plan de financement global qui lisse les mensualités entre le prêt principal et le PTZ. Demandez-lui le tableau d’amortissement complet, différé compris, pour voir l’effort réel à chaque période.

Monter son dossier #

Seules les banques ayant signé une convention avec l’État distribuent le PTZ, et aucune n’est obligée de l’accorder. La plupart des grands réseaux le proposent. Il se demande en même temps que le prêt principal, auprès de la même banque.

Prévoyez l’avis d’imposition N-2 de chaque futur occupant, le compromis ou le contrat de réservation, les devis de travaux pour l’ancien, et un justificatif de domicile qui atteste de votre situation de locataire ou d’hébergé. Un courtier peut comparer les plans de financement de plusieurs banques, ce qui compte quand le PTZ est un élément décisif du projet.

Le bon calendrier
Vérifiez votre éligibilité avant de signer le compromis, en particulier la zone de la commune et votre tranche. Faites inscrire une condition suspensive d’obtention du prêt qui mentionne le PTZ. Et gardez en tête l’échéance du 31 décembre 2027 pour les projets longs, comme une construction de maison.

Cumuler le PTZ avec d’autres aides #

Le PTZ se combine avec le prêt d’accession sociale, le prêt conventionné, le prêt Action Logement pour les salariés des entreprises du secteur privé, et les éventuelles aides des collectivités locales. Dans l’ancien, il peut s’ajouter à l’éco-PTZ pour financer la rénovation énergétique, sous conditions. Chaque aide a ses propres critères : mieux vaut faire le point avec la banque ou un conseiller de l’ADIL de votre département, dont les consultations sont gratuites.

À lire Caméra de surveillance chez soi en Belgique : ce que la loi autorise

Questions fréquentes #

Le PTZ peut-il financer tout l’achat ?

Non. C’est un prêt complémentaire, qui doit accompagner au moins un autre prêt immobilier. Sa part est limitée par la quotité et par le montant des autres prêts.

Quel avis d’imposition fournir en 2026 ?

Celui reçu en 2025, qui porte sur les revenus de 2024. Une hausse de revenus après l’obtention du prêt ne remet pas le PTZ en cause.

Un appartement ancien en zone A ou B1 est-il éligible ?

Non. Dans l’ancien, seules les zones B2 et C sont éligibles, avec au moins 25 % de travaux. Le neuf, lui, est finançable dans toutes les zones.

Peut-on revendre un logement acheté avec un PTZ ?

Oui. Le capital restant dû devient en principe remboursable lors de la vente, sauf si le PTZ est transféré sur le nouveau logement acheté pour remplacer le premier. La mise en location est possible dans certains cas : mutation, raison de santé, séparation, chômage de plus d’un an.

Comment connaître la zone de sa commune ?

Le simulateur officiel du ministère du Logement indique le zonage de chaque commune. Il est mis à jour à chaque révision du classement des communes, ce qui arrive régulièrement : vérifiez la zone au moment de votre projet, pas dans un article daté.

Partagez votre avis